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Espagne (Royaume d 'Espagne) Etat de la péninsule Ibérique, bordé au Nord Est par la France, à l'Ouest par le Portugal, au Nord Ouest et au Sud Ouest par l'Atlantique., à l'Est et au Sud Est par la Méditerrannée. Sa superficie est de 505 992 km 2 pour une population de 43 064 000 habitants (Les Espagnols). La capital du pays est Madrid. La nature de l'État est monarchie constitutionnelle à régime parlementaire. La langue nationale officielle est L’espagnol. La monnaie est L’Euro. La religion est le catholicisme.

Géographie physique Un grand plateau, la Meseta, occupe le centre de la péninsule. Une puissante cordillère d’ Est en Ouest, la sierra de Guadarrama culminant à 2 405 m, divise le socle de roches anciennes de la Meseta en deux régions distinctes. La Vieille Castille au Nord, et la Nouvelle Castille au Sud. Au Nord Est et au Nord Ouest du plateau se dressent des reliefs périphériques : les monts Cantabriques ( 2 665 m), prolongés vers l'Est par les montagnes calcaires du Pays basque et les Pyrénées, au Sud s'élève la sierra Moréna, revers de la Meseta. Des dépressions extérieures flanquent l'ensemble: au Nord Est, celle de l'Ébre,et au Sud celle du Guadalquivir. Deux grandes chaînes complètent le relief : au Nord les Pyrénées, composées d'une zone axiale cristalline ( 3 404 m au pic d'Aneto) et d'une zone prépyrénéenne calcaire ; au Sud les cordillères Bétiques, que domine la sierra Nevada ( 3 478 m). Sa massivité et sa double façade maritime valent à la péninsule Ibérique des oppositions climatiques. Au Nord Ouest, gràce à l'influence océanique, le climat est doux et humide ; sur les autres rivages, le climat méditerranéen est plutot chaud et ensoleillé. Au centre, l'influence continentale se marque par de grands écarts thermiques. Les cinq grands fleuves : Le Douro, L’Èbre, Le Tage, Le Guadiana, Le Guadalquivir, caractérisés par de hautes eaux de printemps et un étiage estival dû à l'évaporation, arrosent la péninsule.

 

Géographie humaine La population qui a une densité moyenne de 85 habitants au km 2 , tend actuellement à se concentrer dans les zones urbaines et à leur périphérie à plus de 76 %. Plus d'un tiers réside dans des villes de plus de 100 000 habitants , Barcelone et Madrid restent les deux villes les plus importantes. L'émigration vers les pays industrialisés de l'Europe de l'Ouest prend fin et les déplacements de populations sont internes, des campagnes vers les centres urbains.

 

Economie L'agriculure garde une place importante pour environ 19 % des actifs et se mécanise rapidement. Sur les plateaux intérieurs règnent les cultures sèches : ( blé, vigne, olivier), associées à l'élevage ovin. Les plaines côtières et les vallées fluviales pratiquent une polyculture irriguée intensive dans les huertas (primeurs, vins, agrumes, riz, canne à sucre). Le Nord Ouest est une grande région d'élevage bovin, qui fournit l'essentiel de la viande et du lait au pays. Les rendements céréaliers restent faibles , comparé au reste de la CEE . La pêche, en grande partie mécanisée, est une importante ressource qui emploie une abondante main d'oeuvre.

Elle est surtout active sur la côte atlantique : Vigo, la Corogne. L'industrialisation du pays, récente, est favorisée par l'afflux de capitaux étrangers et des devises issues du tourisme. Elle se développe dans diverses régions : Pays basque et Asturies, près des mines de charbon et de fer (domaine de la sidérurgie à la tradition déjà ancienne). La Catalogne première région industrielle du pays qui, autour de Barcelone, s'est orientée vers la métallurgie, la chimie et l'automobile. Des régions industrielles nouvelles sont nées autour de Madrid occupant le 2 e foyer du pays, et de quelques centres isolés dans le Sud. (Carthagène : raffinerie et pétrochimie). L'importance de la production hydroélectrique reste grande. Mais les structures industrielles espagnoles demeurent, pour l'essentiel, concentrées dans des secteurs en perte de vitesse ; textile, sidérurgie, construction na­ vale. A partir de 1980, l'Espagne a entamé une reconversion, développant: l'électronique, l'aéronautique, la construction automobile, la production d'aluminium et la robotique. L'insuffisance des cadres techniques, le faible pouvoir d'achat du marché intérieur et la faiblesse du réseau de communication (objet d'importants investissements) sont autant de freins à l'expansion industrielle. Le déficit commercial est de moins en moins compensé par le tourisme, et le rapatriement des salaires des expatriés. L'Espagne reste très dépendante du marché mondial pour ses importations de pétrole, de machines outils, de produits manufacturés et de biens de haute technologie. Son adhésion à la C.É.E. en 1986 lui assure un débouché privilégié pour ses productions agricoles mais a provoqué un afflux de produits de consommation qui pèse sur la balance commerciale. Des mesures de rigueur ont été adoptées en 1990.

Histoire Peuplée par les Ibères au IIe millenaire avant J.-C., l'Espagne a vu s'installer sur ses côtes des établissements phéniciens (puis puniques) et grecs au I millenaire avant J-C, tandis que des Celtes s'installaient en Castille, formant un peuplement celtibère. La seconde guerre punique fut l'occasion pour Rome de commencer la conquête de l'Espagne, qu'elle devait mettre deux siècles à dominer totalement (218-19 avant J.-C.). Patrie de deux empereurs (Hadrien, Trajan), fortement urbanisée (Tarragone, Cordoue), l'Espagne fut une des provinces les plus riches de l'Empire romain. Atteinte au Ve siècle après J.-C. par les invasions germaniques (Vandales, Alains, Suèves), elle fut réunifiée par les Wisigoths qui établirent leur capitale à Tolède (554), et se convertirent au catholicisme (589). Affaiblie par la puissance du clergé et la ruine du commerce méditerranéen, l'Espagne fut aisément conquise par les Arabes (711-714), à l'exception du Nord Ouest et de la marche d'Espagne entre l'Èbre et les Pyrénées.

 

Un brillant État musulman se constitua alors autour du califat de Cordoue qui entra en lutte avec des royaumes chrétiens (Navarre, Ara­ gon, Castille et Léon). En 1212, la victoire des princes chrétiens à Las Navas de Tolosa consacra la "Reconquista". Unifiée provisoirement par le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon (1469), l'Espagne chrétienne s'empara de Grenade, dernier territoire musulman (1492), et chassa les Maures de la péninsule. Christophe Colomb, gràce à Isabelle, ouvrit la voie aux conquistadors (Cortés, Pizarro, Almagro), qui donnèrent à l'Espagne toute l'Amérique du Sud, excepté le Brésil. Dotée d'un pouvoir royal fort, l'Espagne atteignit son apogée (le Siècle d'or.) avec Charles Quint (Charles 1er en Espagne, 1516-1558) et Philippe II (1556-1598). Charles Quint réalisa l'union du royaume d'Espagne et devint empereur germanique en 1519. Charles Quint comme Phi­lippe II tentèrent d'établir à leur profit la monar­chie universelle. Mais, sous le gouvernement absolu de Philippe, les difficultés se multiplièrent (soulèvement des protestants aux Pays-Bas qui obtiennent leur indépendance, dépopulation de l'Espagne, expulsion des Morisques, déclin économique du pays, ruiné par le recul de son industrie et l'inflation provoquée par les métaux précieux rapportés d'Amérique).

Au XVIIe et au XVIIIe siècle, l'Espagne perdit son rôle dominant en Europe. Vaincue successivement par Louis XIII et Louis XIV, elle perdit le Portugal (1640), le Roussillon, l'Artois (1659), une partie de la Flandre (1668) et la Franche-Comté (traité de Nimègue, 1678). A l'extinction de la maison d'Autriche (1700), les Bourbons accédèrent au trône d'Espagne en la personne de Philippe V, petit-fils de Louis XIV. La guerre de la Succession (1701-1713) affaiblit le pays, qui dut abandonner ses dernières possessions aux Pays-Bas et en Italie (1714). Le XVIIIe siècle fut marqué par un régime de «  despotisme éclairé »  et par un certain relèvement économique. Allié à Napoléon, le faible Charles IV d'Espagne vit sa flotte écrasée à Trafalgar (1805). En 1808, Napoléon plaça son frère Joseph Bonaparte sur le trône d'Espagne. Mais le peuple refusa le joug étranger : c'est le début de la guerre d'indépendance, qui prit fin en 1814 avec la restauration des Bourbons (Ferdinand VII). Au XIXe siècle, l'histoire de l'Espagne, qui perdit la plupart de ses colonies d'Amérique latine entre 1820 et 1826, fut fertile en guerres civiles et en "pronunciamentos". En 1833, Isabelle II monta sur le trône, malgré l'opposition de don Carlos, frère du roi défunt, ce qui provoqua les interminables guerres «carlistes ». Une éphémère république (1873-1874) fut suivie du retour des Bourbons : Alphonse XII (1874-1885) puis Alphonse XIII (1885-1931). En 1898, l'Espagne perdit Cuba, Porto Rico et les Philippines dans la guerre contre les États Unis, ce qui provoqua une crise de conscience des élites espagnoles. Au moment où l'Espagne entrait dans l'ère industrielle, elle était lourdement handicapée par l'archaïsme de ses structures sociales (grande propriété foncière) et par la combativité d'un prolétariat ur­bain favorable à l'anarchisme. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le pays fut secoué par de graves troubles politiques et sociaux. De 1923 à 1930, la monarchie ne se maintint que gràce à la dictature du général Primo de Rivera dont le régime autoritaire fut favorable à l'industrialistion, mais qui négligea totalement le pro­blème agraire.

Après la victoire des républicains aux élections de 1931, la république fut proclamée, et une Constitution démocratique fut élaborée par les Cortes. Les centristes, au gouvernement en 1934, réprimèrent tous les mouvements sociaux et autonomistes, ainsi que les violences antireligieuses. Les élections de 1936 virent le succès du Front populaire. Une insurrection militaire éclata alors au Maroc et l'opposition natio­naliste, animée notamment par le mouvement de la Phalange fondé par José A. Primo de Rivera, fils du dictateur, se regroupa derrière le général Franco. Pendant trois ans (1936-1939), une guerre civile sanglante allait opposer les armées gouvernementales et les rebelles nationalistes. Ces derniers conquirent peu à peu le pays gràce à l'aide militaire de L 'Allemagne et de l'Italie, les gouverne­ mentaux recevant l'aide limitée de l'U.R.S.S. et l'appui des volontaires (Brigades internationales). Franco (caudillo dès 1937), s'appuyant sur la Phalange, devenue parti unique, établit un régime autoritaire et corporatiste. L'Espagne pratiqua pendant la Seconde Guerre mondiale une politique d'habile neutralité, mais, jusqu'en 1950, la communauté internationale la tint à l'écart. Épuisée par la guerre civile, qui avait fait 500 000 morts, l'économie traversa une crise grave. En 1947, l 'Espagne reprit le statut de royaume (loi de succession) ; le général Franco cumula les fonctions de chef de l'État et du gouvernement. En 1953, les accords militaires avec les États Unis rangèrent définitivement l'Espagne dans le camp occidental. L'Espagne chercha une association avec la C.É .E., mais son développement économique provoqua une recrudescence des troubles sociaux (grèves en 1988) et politiques (revendications autonomistes). A la mort du général Franco (novembre 1975), le roi d'Espagne, Juan Carlos Ier (successeur officiel du caudillo depuis 1969), mit en place un processus de démocratisation. Les partis politiques furent progressivement légalisés (le parti communiste espagnol en avril 1977). Aux premières élections libres de juin 1977, l'Union du centre du Premier ministre Adolfo Suàrez l'emporta largement sur les néo-franquistes. L'adoption, en 1978, d'une nouvelle Constitution marqua une rupture décisive avec le franquisme. Un statut d'autonomie, contesté par l'E.T.A., fut reconnu aux nationalités (basque, catalane) et aux régions. Un consensus politique se dégagea entre les principaux partis, visant au « décollage » de l'économie pour mieux préparer le pays à la compétition européenne. En 1982, le Parti socialiste ouvrier espagnol (P.S.O.E.) remporta les élections, et son chef, Felipe Gonzàlez, devint Premier ministre. Aux élections législatives de décembre 1986, le P.S.O.E. conservait la majorité absolue aux Cortès, l'année même de l'entrée de l'Espagne dans l'Union européenne. Mais en juin 1993, en remportant les élections législatives, il perdait la majorité absolue.

 

 

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